Accepter psychologiquement une greffe d’organe

Greffe

La greffe d’organe a un impact psychologique très important, notamment celle du cœur. Une aide psychologique peut être nécessaire dans la plupart des cas.

Toutes les maladies cardiaques peuvent aboutir à une insuffisance cardiaque. La greffe ou transplantation du cœur est parfois la seule solution. Comme toutes les autres interventions chirurgicales de cet ordre, la greffe cardiaque a un impact psychologique non négligeable qu’il convient de mesurer et de faire prendre en charge si l’on en ressent le besoin.

La culpabilité du survivant

La greffe est dès le départ porteuse d’une angoisse de mort. Toute transplantation confronte la personne en attente à sa propre fin ainsi qu’à celle du donneur (sauf en cas de greffe à partir d’un donneur vivant). Après l’opération, la menace de rejet du greffon cristallise aussi cette peur irrépressible. Les receveurs peuvent également avoir des difficultés à accepter l’organe greffé, ce qui les contraint à opérer un remaniement de l’image qu’ils ont de leur corps. Souvent, ils considèrent l’organe greffé comme un corps étranger, et il leur faut du temps pour l’intégrer et l’assimiler. Les transplantés peuvent se sentir « habités » en ayant la désagréable impression que son corps abrite une partie du donneur.

La greffe fait également naître chez le transplanté un sentiment de culpabilité liée à la mort du donneur : sa survie dépend du décès d’un autre, qu’il aurait secrètement souhaité pour que la transplantation puisse avoir lieu… Ce sentiment intense est qualifié de « culpabilité du survivant », souvent constatée après la survenue de catastrophes collectives. Ainsi, un soutien psychologique est essentiel lors d’un processus de greffe. Une prise en charge par un thérapeute offre au receveur un véritable espace de réflexion autour des questions et des difficultés que soulève la greffe et surtout de faire face à son angoisse de mort.

La gestion de l’aspect psychologique

Les équipes de transplantation s’associent souvent le concours de psychiatres et de psychologues pour accompagner les futurs receveurs de greffe et les greffés. En complément du suivi à l’hôpital, plusieurs associations proposent un accompagnement psychologique pour aider les patients dans toutes les étapes du parcours de greffe. C’est le cas, par exemple, de l’Association régionale des greffés du cœur (ARGC), qui propose aux malades en attente de greffe et à leurs proches un soutien aux côtés d’une psychologue. Le contact avec des personnes ayant vécu la même expérience est aussi un bon moyen de surmonter ses angoisses et appréhensions. L’association Entraide aux greffés de moelle osseuse (Egmos), dont les bénévoles sont la plupart des anciens greffés, mène ainsi des missions au sein des services d’hématologie-greffe de l’hôpital Saint-Louis, à Paris.

Le don d’organes, le principe du consentement présumé

En France, toute personne est considérée comme consentante au don d’organes si elle n’a pas manifesté d’opposition de son vivant. Si l’on est opposé au don d’organes, il faut le dire à ses proches ou s’inscrire sur le registre national des refus. Les équipes médicales consultent ce dernier avant d’entreprendre un prélèvement. Si le nom de la personne décédée n’y figure pas, elles consultent les proches pour savoir si elle s’était prononcée contre le don d’organes de son vivant.